Au Palais des Beaux-Arts de Lille, jusqu'au 14 Janvier. Eh non, pas d'indien, pas de vache sacrée, pas de mièvrerie Bollywoodienne, c'est in-dé-pen-dant des manifestations de lille3000. Dans la salle des expos temporaires, au sous-sol (mal fléché). Dès l'entrée c'est direct : sur la gauche, une éruption vulvaire. Oui, de la lave qui jaillit d'une fente ouverte dans la terre, Vous appelez çà comment ? Les commentaires, collés sur le sol devant chaque oeuvre, sont obscurs, littéralement. A savoir : 1) on n'y comprend rien et 2) l'éclairage est PITOYABLE. Ce sont donc génuflexions et contorsions pour éviter que notre propre ombre ne cache la feuille. Sans parler des commentaires mal collés qui finiront sous les semelles de quelque visiteur distrait. Pas une réussite, donc. Par contre l'exploration du thème est très intelligente et complète, jusqu'au "Paysage érotique" qui fait à peine regretter d'être venu avec Julien, 11 ans. Il n'a pas complètement saisi le "Phallus Boat" de Yayoi Kusama (voir l'image du début). Par contre il a adoré John Isaacs et son gros bonhomme "Is more than this more than this" avec les hotels incrustés dans le dos.
Revenons au fil de l'expo. Matthaüs Merian, peintre suisse du 17e, est omniprésent, avec ses paysages antropomorphes. Il est même difficile dans les premiers de repérer le visage allongé, de profil. Ensuite on reprère très vite les broussailles du menton, des sourcils, et le rocher qui forme le nez. Dans la même série, les allégories de Joos de Momper, de face cette fois. Bien qu'ayant séjourné plusieurs semaines dans l'île de Korcula (Croatie) je n'y ai jamais découvert le village de vacances dessiné par Ricardo Porro. Et je n'ai pas vu le visage d'Agnieszka Podgorska qui photographie ses chairs nues mais invisibles derrière ses membres (deuxième photo). Enfin, le pan de mur consacré aux paysages intimement féminins, à découvrir sous les tissus qui se soulèvent comme un vent léger...ement aidé !