Dernier conseil de classe du trimestre dans une classe de sixième. A travers la litanie habituelle des commentaires : "très bien", "travaille", "travaille pas", on enterre doucement quelques élèves largués et on en propulse autant d'autres vers des études réussies. C'est la sixième, les élèves ont douze ans. L'année d'avant ils étaient encore avec leur instituteur, s'attendant bien peu à cette prédiction aussi nette sur leur avenir. Pour les cas à problèmes les enseignants égrènent les "symptômes" : pas motivé, pas intéressé par le travail, pas affecté par ses mauvais résultats, comportement frondeur...Des symptômes, pas d'évocation de causes plus profondes. Pas de "pourquoi ?". Certains enseignants ont fait l'effort de rencontrer les parents, d'autres ne leur ont consacré que les cinq minutes règlementaires des rencontres parents-profs. Pas de redoublement proposé à aucun des enfants en délicatesse avec leurs résultats, car "ils ne profiteraient pas de cette deuxième année". Certes. Ils sont donc poussés dans le système jusqu'à leurs 16 ans, sans que l'on sache très clairement d'où viennent leurs problèmes et sans qu'eux-mêmes ne sachent très bien ce que l'on attendra d'eux. Pas de "pourquoi ?" non plus pour les meilleurs (en l'occurence, les "meilleures", un autre "pourquoi ?"), seulement des soupirs d'aise devant d'excellentes moyennes. Une résignation éducative aux deux extrèmes : pour les bons et pour les autres. Et pour tout le monde, l'impuissance de l'Education Nationale.
dessin (c) Académie de Rennes rectorat communication

je me permets de mettre en doute vos connaissances quand au système éducatif de notre nation et aux connaissances qu'ont nos enseignants de juger les enfants de notre pays. Vous êtes sans doute un de ces grands penseurs de l'heure actuelle qui, sans avoir lu Nietzsche, se permettent de juger un système éducatif (et que dire de Kant?). Continuez à vous prendre pour un Dieu. On a besoin de vous en équipe de France, titularisez Cissé, Bordel! Sarkozy et Darcos seront contents. Allez, petit soldat de la médiocrité ambiante, sans rancune.
signé:
Laurent dehaynain (enseignant)
Rédigé par : | 17 juin 2008 à 22:43