Hier soir un panel d'environ cent personnes dont je faisais partie et qui n'avait pas de question à poser ont fixé sur l'écran une femme passionnée, possédée, dévorée par sa vocation et son destin. Pendant plus de deux heures elle a traversé avec eux Paris, deux guerres, un océan. Et ils l'ont suivie. Et écoutée. Car elle ne fait pas de politique, elle chante. Les cent spectateurs, bien loin des cent ploucs de la télé, en ont pris plein les tripes, ont eu les yeux noyés devant cette femme.
Marion Cotillard, immense, habitée, Edith Piaf incarnée. Cent pour cent d'adhésion, à la comédienne, à la légende qu'elle incarne, à cette volonté sur deux poumons et deux jambes fragiles. Cent pour cent de frustration de ne pas avoir devant soi pour la principale élection de ce pays une Marion, une Edith, un Marcel même, un peu de cinéma, beaucoup d'Histoire et d'intelligence.
Comment puis-je me qualifier si c'est çà que j'attends ? Crypto-Gaulliste ? Alors j'assume : Debré Président !
(mince j'étais pourtant parti pour parler ciné...)
